Les financements du libre - Épisode 1 : Les fonctionnalités payantes

Graf'hit 94.9FM

L'échange

Cette semaine, un débat sur le financement du libre par des fonctionnalités payantes et privatrices. Est-ce une bonne pratique, est-ce que cela est bénéfique sur le logiciel libre ?

  • Ce sont certaines personnes qui financent pour l'ensemble de la société, et ce parce qu'ils ont des besoins spécifiques

  • Est-ce comme une campagne de dons ?

  • Est-ce une forme de captation, d'asymétrie entre les utilisateurs qui ont de l'argent et peuvent choisir des développements non-libres et les utilisateurs libristes ?

  • Y-a-t-il un risque de dérive ? L'exemple des mods de jeu vidéo et du travail gratuit.

  • La contribution au code libre par les individus lèse-t-elle les développeurs qui contribuent à enrichir ceux qui font une version payante ?

  • Le modèle de financement par dons s'applique très bien au modèle associatif, car le caractère fluctuant du don permet de mettre en pause les activités, ce qui n'est pas permi par les entreprises

  • Est-ce que le fait que les entreprises portent des logiciels libres n'est pas une entrave au logiciel libre ? Le fait d'être une entreprise implique de faire de l'argent, de nourrir des employés, Aujourd'hui, les GAFAM font du libre. Mais dans tous ces cas, le libre est utilisé comme un monopole.

  • C'est le modèle économique des sociétés modernes qui font que les GAFAMs ne contribuent pas au logiciel libre en tant que commun.

  • L'intéret des versions payantes de logiciels libres, c'est que l'argent vient directement d'entreprises, et les entreprises, au lieu d'avoir des entreprises qui sont venues récupérer des logiciels libres pour un enrichissement personnels

  • Il y a souvent plusieurs modes de financements dans les logiciels libres.

  • L'exemple de Redhat, consulting, développement de fonctionnalités

  • L'exemple de Kelys, le software as a service, formation, support.

  • L'exemple de Mattermost, logiciel libre, qui ne propose pas de SAS.

  • Pourrait-on avoir des licences différentes, techniquement non-libre de facto, qui dépendent de l'utilisateur et de son usage. Cela pose cependant des problèmes avec les modalités de contrôles, des dérives éventuelles, par exemple on peut penser aux audits de Microsoft, qui viennent vérifier que les licences sont bien achetées, payées.

  • Certaines fonctionnalités sont spécifiques aux entreprises, exemple des annuaires LDAP, possibilité de déployer des logiciels dans un contexte de haute disponibilité.

  • Certains fonctionnalités sont réservées aux versions entreprises, bien qu'elles soient utiles au tout venant. Par exemple, picasoft ne peut pas utiliser les messages généraux via Mattermost car cette fonctionnalité est payante, et c'est dommageable pour Picasoft. C'est un choix qui impacte un logiciel libre et qui peut être déploré, mais cela n'empêche pas qu'il y ait des rapports de force entre la communauté et l'entreprise qui développe.

  • Les entreprises qui vendent des fonctionnalités payantes sur des logiciels libres reposent sur la communauté du libre, et elles doivent beaucoup de leur place sur le marché à la communauté du libre. Des rapports de force se créent donc des fois entre la communauté et l'entreprise, par exemple dans le cas des fonctionnalité de sécurité libristes.

  • Cela pose le problème de l'inversion des rapports de force : tant que l'entreprise a besoin des utilisateurs, ce rapport de force est sain, mais dès qu'il s'inverse, les entreprises peuvent s'abstraire des contraintes et n'en faire qu'à leur tête : par exemple, cannonical etle site du zéro.

  • Cela pose le problème de la gouvernance des logiciels libres. Le logiel libre permet de forker les logiciels, à la comunauté de s'abstraire de ce rapport de force, par exemple mySQL et mariaDB ou encore openOffice et LibreOffice

  • Les forks sont cependant des zones d'incertitude, les non-experts ne savent pas tellement vers quoi se diriger.

  • Il faudrait structurer, trouver des modèles de développement du libre qui permettent le dialogue entre la communauté libriste et l'entreprise et éviter de rentrer dans des rapports de force.

La musique

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies)

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY

Les liens

Podcast de l'APRIL sur les financements du Libre : https://april.org/57-financement-logiciels-libres

Enregistrement

Émission enregistrée le 28 octobre 2020