La voix est libre

Une émission hebdomadaire de Picasoft sur la radio locale et associative compiégnoise Graf'hit sur 94.9FM. http://grafhit.net

Ces podcasts sont disponibles sous licence CC BY https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/fr/

Technopolice, la surveillance dans l'espace public

Graf'hit 94.9FM

Introduction

« La Quadrature du Net promeut et défend les libertés fondamentales dans l'environnement numérique. L'association lutte contre la censure et la surveillance, que celles-ci viennent des États ou des entreprises privées. Elle questionne la façon dont le numérique et la société s'influencent mutuellement. Elle œuvre pour un Internet libre, décentralisé et émancipateur. https://www.laquadrature.net/nous »

« Partout sur le territoire français, la « Smart City » révèle son vrai visage : celui d'une mise sous surveillance totale de l'espace urbain à des fins policières. En juin 2019, des associations et collectifs militants ont donc lancé la campagne Technopolice, afin de documenter ces dérives et d'organiser la résistance. https://technopolice.fr »

L'interview

Klorydryk, membre de La Quadrature Du Net

  • Qui est à l'origine de cette campagne ?

  • Quel est le problème, c'est quoi le vrai visage de la Smart City ?

  • Concrètement, on parle de quoi, de reconnaissance faciale ?

  • Comment on peut participer à cette campagne ?

L'échange

  • La surveillance de la population a toujours été un sujet, à des fins plus ou moins discutables, mais quand est-ce-que la vidéo-surveillance s'est popularisée ?

  • En terme de nombre, on est comment en France ?

  • Ok, mais ça marche bien ? Niveau efficacité, on est comment ? (spoiler, non !)

  • Comment un truc qui ne marche pas peut s'être autant développé ?

  • Et on l'a vu, c'est pas près de s'arrêter avec le concept de Smart Cities. On a quelques exemples en vrac ?

  • Et en dehors du fait que ça ne fonctionne pas très bien, on retrouve quels genre de problèmes ?

  • Est-ce-que tout est à jeter dans les Smart Cities ?

Les notes

La surveillance de la population a toujours été un sujet, à des fins plus ou moins discutables, mais quand est-ce-que la vidéo-surveillance s'est popularisée ?

La vidéo surveillance a été utilisé par les allemands lors de la seconde guerre mondiale afin de surveiller les lancements de missiles. Mais cela est différent de la télésurveillance au sens strict qui correspont à une vidéosurveillance industrialisée, un seul opérateur observe une multitudes de caméra sur des écrans centralisés à des fins civiles. En revanche, ces premiers systèmes nécessitaient la présence d'un humain car les supports pour enregistrer les vidéos n'existaient pas encore (comme les cassettes). La première ville américaine à s'équiper de caméras de surveillance le fait en 1968, et dès 1973 des caméras surveillent Time Square et consignent les enregistrements sur des cassettes.

C'est dans les années 1980 que ce système est généralisé au Royaume-uni, qui reste encore aujourd'hui le pays d'Europe le plus télé-surveillé (500 000 caméras en 2008 à Londres !), que ce soit dans le public ou le privé. Les politiques de vidéosurveillance se mettent en place dans les autres villes d'Europe dans les années 1990. Aux États-Unis comme en Angleterre ou même en France, on observe les plus grosses augmentations historiques de la vidéosurveillance après des événements graves, e.g. les attentats du 11 septembre. On peut aussi corréler cette augmentation aux politiques conservatrices.

En terme de nombre, on est comment en France ?

Voir Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance - Laurent Mucchielli

1,5 million de caméras filmant des lieux publics et des voies publiques, dont environ 150 000 à l'initiative des communes

88% des villes de 15 000 à 150 000 habitants sont pourvues d'équipement

Près de 52 caméras par ville en 2016, chiffre qui aurait doublé depuis 2010

L'extension se poursuit depuis 2015 en direction des petites villes et des territoires périurbains et ruraux

L'État a investi plus de 210 millions d'euros entre 2007 et 2017 pour aider les communes à s'équiper, les collectivités à peu près à la même hauteur, sans compter les dépenses des villes elles-mêmes.

Ok, mais ça marche bien ? Niveau efficacité, on est comment ?

Pour justifier le nombre de caméras, les promesses de la vidéosurveillance sont d'abord la baisse de la criminalité et la prévention du terrorisme. Mais comme on l'a vu, aujourd'hui, la vidéosurveillance entend lutter contre une menace protéiforme, allant des incivilités au non-respect du code de la route, en passant par les crimes - on est bien en présence d'un ogre qui cherche à tout capturer.

En ce qui concerne l'efficacité des caméras pour résoudre des délits et des crimes, difficile de trouver des études d'évaluation. Les études existantes soulignent l'absence de corrélation systématique entre densité de caméras sur un espace et effets préventifs. La Cour des compte régionale de Saint-Étienne montrait qu'en 2010, le système coûtait plus d'un million d'euros par an pour un taux de faits "repérés ou élucidés" de seulement 2% sur l'année. À Lyon, à la même époque, un autre rapport montre que pour un coût de 3 millions par an, seulement environ 1% des faits l'étaient. Nice, ville emblématique de la vidéo surveillance, explose le plafond avec un coût de 17 millions annuels en 2018 pour seulement 1,2% de taux d'élucidation.

Cette question pose clairement le problème du rapport coût/efficacité, qui est monstrueusement faible. Alors certes, on pourrait se dire qu'1 ou 2%, c'est déjà ça de pris, mais peut être qu'avec le même coût il serait possible d'investir dans des politiques de cohésion sociale, de vivre ensemble, d'accompagnement... mais c'est une autre histoire.

Comment un truc qui ne marche pas peut s'être autant développé ?

Deux pistes :

  • Financière : les industriels du secteurs (Thales, Safran, Eiffage...) investissent massivement dans le marketing et le lobbying ; ils sont par ailleurs membre du CICS (Conseil des Industries de la Confiance et de la Sécurité), qui se présente comme l'interlocuteur privilégié de l'État. Le marche revendique 125.000 emplois et 21 milliards de CA en 2017

  • Idéologique : celle du technosolutionnisme, qui pense que la technologie peut apporter une réponse définitive à l'ensemble des problèmes de la société. Eric Schmudt annonçait bien en 2012 : "Si nous nous y prenons bien, je pense que nous pouvons réparer tous les problèmes de monde"... Une idéologie qui rêve d'une solution optimale, algorithmique, probablement dénuée des biais humains... tandis qu'on ne cesse de constater que même les meilleurs algorithmes reproduisent sans cesse ces mêmes biais (logique, en même temps...).

Et on l'a vu, c'est pas près de s'arrêter avec le concept de Smart Cities. On a quelques exemples en vrac ?

En France, quelques exemples :

La reconnaissance faciale testée dans les lycées (Nice et Marseille)

Saint-Étienne voulait expérimenter l'audiosurveillance pour détecter les "bruits suspects" (klaxons, bris de verres, bombes aérosols...). Ce mardi 29 octobre, la CNIL a rendu un avis négatif sur le dossier, en expliquant que les dispositifs risquaient de "violer les textes relatifs à la protection des données à caractère personnel", et indiquait qu'il était urgent que le législateur établisse un cadre juridique.

À Lannion (Bretagne), des capteurs qui permettent de suivre les smartphones à la trace pour reconstituer des trajets (notons que les écrans publicitaires dans le métro le font déjà très bien, par exemple...)

À Marseille, on pousse encore plus loin avec "l'Observatoire de la Tranquilité Publique" (ça fait très orwellien quand même), qui se veut agréger un tas de données (acteurs privés, publics, citoyens, fichiers de criminalité, vidéo-surveillance, données des hôpitaux, messages sur les réseaux sociaux...) afin d'analyser les situations passées mais aussi d'anticiper les situations "probables".

Et ailleurs...

En Chine, la reconnaissance faciale au service du "crédit social", qui punit cette fois-ci non pas la délinquance mais les incivilités (à Pékin, manger dans le métro, promener son chien sans laisse...

En Russie, des systèmes de reconnaissance faciale "live" - proactif - scanne en permanence l'ensemble des visages

Amazon envisage d'utiliser ses drones de livraison aux États-Unis pour surveiller les maisons (pour protéger des effractions par exemple)

Et en dehors du fait que ça ne fonctionne pas très bien, on retrouve quels genre de problèmes ?

On peut cependant soulever plusieurs problèmes majeurs comme :

L'atteinte à la vie privée, surveillance de masse (Georges Orwell)

Seulement un déplacement de la délinquance vers les zones non surveillées.

Les faux-positifs : exemple frappant avec l'association Big Brother Watch qui en compilant les données rendues accessibles grâce au Freedom of Information Act, a déterminé qu'entre 90 et 98% des identifications par reconnaissance faciale étaient de faux positifs au Royaume Uni.

La discrimination : les algorithmes sont souvent entrainés à l'aide d'images peu diversifiées (par exemple, énormément de peaux blanches), ainsi qu'avec des données socio-économiques centrées sur le pays concerné. Les "décisions" proposées par ces algorithmes peuvent comporter d'énormes biais. Aux États-Unis, des programmes labelisants des personnes en fonction de leur "risque" ont attribué à tort des taux de risques significativement plus élevés aux personnes noires (source : enquête de ProPublica)

Manipulation | changement du comportement : on agit différemment lorsque l'on se pense observé.e, et pas seulement vis-à-vis d'actes interditsn, cf Panoptique, exemple de Stph émission Mobilizon - les Smart Cities sont les panoptiques modernes. En identifiant les biais des algorithmes de surveillance, on peut par exemple adapter son comportement pour moins risquer d'être identifié à tort comme suspect - ce qui peut être instrumentalisé.

Aborder le pb des caméras pour la maison connectées à internet ? -> risque de piratage, vol d'information

Futur distopique (Black Mirror, Watchdogs, ...), déjà une réalité en Chine avec la vidéosurveillance et la reconnaissance faciale

Est-ce-que tout est à jeter dans les Smart Cities ?

Non ! Il y a probablement plein d'applications intéressantes. La collecte de données en tant que telle n'est pas une mauvaise chose en tant qu'elle peut apporter un éclairage sur des problématiques insaisissables.

On peut penser à l'optimisation de la consommation d'énergie de l'éclairage public, la surveillance du niveau de pollution, la détection de fuites d'eau, la réduction du traffic routier...

Le souci demeure principalement dans cette idéologie du solutionnisme, doublé du fantasme sécuritaire, et de la collecte massive de données personnelles sans aucun consentement.

Dans tous les cas, des éléments de réponses nécessaires mais sans doute pas suffisants sont :

  • Un cadre législatif

  • Une transparence et un accès aux données

  • Une consultation et une implication des citoyens

  • L'anonymat des données collectées

Le quiz

Quelle phrase ne trouve-t-on pas dans le roman 1984 de George Orwell

  1. La guerre, c'est la paix.

  2. La liberté, c'est l'esclavage.

  3. L'ignorance, c'est la force.

  4. La sécurité, c'est la surveillance.

La musique

Sandwich à la merde (pot pourri en mi) par Total Rektal (Besoin de rien, envie de rien)

https://culture.picasoft.net/music/total-rektal/besoin-de-rien-envie-de-rien

Licence LAL

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 4 novembre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

La neutralité du Net

Graf'hit 94.9FM

Intro

DATAGUEULE #23 : Neutralité, j'écris ton nom

https://peertube.datagueule.tv

« (@DATAGUEULE : c'est quand que vous mettez vos émissions sous CC ?) »

L'interview

Hugo, membre de Rhizome

  • Tu fais partie d'une autre association de l'UTC, qui se définit comme un FAI associatif. Qu'est ce que c'est qu'un FAI, et qu'est ce que ça veut dire qu'il est associatif ?

  • Vous êtes les seuls à faire ça en France, ou il y a en a d'autres ? J'ai déjà entendu parler de la FFDN (l'hébergeur de Picasoft est Tetaneutral à Toulouse qui est membre de la FFDN), ça a un rapport ?

  • On a beaucoup entendu parler de neutralité du Net ces derniers temps (principalement parce qu'elle remise en cause dans certains pays), comment est-ce-que tu la définirais ?

  • Quels sont selon toi les plus gros risques si la neutralité du Net n'était plus respectée ?

  • Comment Rhizome garantit cette neutralité ? Est-ce-que vous êtes dépendants d'autres FAI pour la garantir ?

L'échange

« Au commencement était internet, un réseau de réseaux qui était bête, pour que chacun d'entre nous puisse décider ce qu'il veut en faire » (Philippe Aigrain)

« La neutralité du Net est un principe fondateur d'Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d'information. Ce principe permet à tous les utilisateurs, quelles que soient leurs ressources, d'accéder au même réseau dans son entier. » (La Quadrature Du Net)

  • On se refait une explication de ce qu'est la neutralité du net ?

  • Quels sont les risques si on perd cette neutralité du net ?

  • Les choix techniques ne sont pas neutres...

  • Quelques actions afin de protéger la neutralité du Net

Les notes

On l'a vu pendant l'interview, les FAI sont comme les facteurs d'internet. Dans le vocabulaire du réseau, on parle de paquet pour désigner une lettre. Dans les années 80, les routeurs, qui font office d'aiguillage pour acheminer les paquets à destination, étaient quasiment dépourvus d'intelligence ; ils se contentaient de regarder l'adresse de destination et transmettaient les paquets au prochain routeur.

Ça implique que comme pour les routes, tout le monde respecte les même règles, il n'y a pas des limitations de vitesse en fonction de qui on est, ni de voie réservée (sauf quelques exceptions, Police, Bus)... on pourrait imaginer : une voie spéciale livraison Amazon sur l'A1 ? Que les Ferrari aient le droit de rouler jusque 180 km/h parce que quand même... un ferrari...

Aussi, on retrouvait un principe de démocratie, c'est à dire que tous les noeuds sont égaux : ils ont le droit d'émettre et de recevoir de la même façon. En d'autres termes, il n'y a pas d'asymétrie entre les acteurs de l'internet. C'est ce qui a permis et garanti que tout le monde pouvait créer, s'exprimer et diffuser librement.

La neutralité du net formalise donc les principes qui ont sous-tendu le développement d'internet : les opérateurs n'ont en théorie pas de pouvoir sur les utilisateurs et leur utilisation du réseau, ce sont de simples transmetteurs ; de simples tuyaux par lesquels transite l'information :

Ils ne peuvent ni regarder (pas le droit d'ouvrir les enveloppe, secret des communications) ;

Ils ne peuvent pas discriminer (pas le droit de choisir qui communique avec qui). Ce n'est pas nouveau : en France, le comité national de la résistance acte la neutralité de la correspondance au sortir de la seconde guerre modiale, qui interdit à la Poste de discriminer certaines communications.

La perte de la neutralité du net bénéficiera forcément aux gros fournisseurs d'accès à Internet, et on va voir pourquoi. Mais qui a quelque chose à perdre ?

En premier lieu, les utilisateurs de "gros" services, comme YouTube, Netflix, Facebook... Les opérateurs pourraient restreindre par défaut l'accès à ces services (sous prétexte qu'ils sont très gourmands en bande passante), et proposer des options supplémentaires afin d'avoir un accès illimité. On retrouve la métaphore de l'autoroute avec une file VIP pour les grosses berlines et une file super lente pour les autres. Et ce n'est pas de la science fiction : au Portugal, l'opérateur Meo propose des "packages" payant permettant d'avoir accès en illimités à certains services. +5$ pour Google et YouTube, +5$ pour les sites d'actualité, +5$ pour certains jeux-vidéos...

Et ce n'est pas sans stimuler les conflits d'intérêt des opérateurs eux-mêmes : aujourd'hui la plupart d'entre eux proposent leurs propres services de vidéo à la demande, de musique en streaming, de gaming... En l'absence de neutralité du net, les FAI pratiquent ce qu'on appelle le zero-rating, c'est-à-dire : si vous utilisez leurs services, tout est illimité ; si vous voulez utiliser les services des autres, vous payez. Relation de dépendance déloyale absolue entre le FAI et son "client", et de concurrence déloyale entre le FAI et les autres fournisseurs de service.

On peut aussi imaginer un autre problème, moins coûteux (en argent du moins...) pour l'utilisateur : les FAI pourraient décider de systématiquement privilégier les gros services (toujours l'exemple de Netflix) en signant des accords commerciaux avec eux. Ainsi ça serait la fin des contenus indépendants, de la liberté d'expression, et de l'égalité des noeuds, en quelque sorte la fin d'internet tel qu'on l'a connu. Internet deviendrait une sorte de télévision v2, où les plus puissants décident de ce qui est proposé au reste du monde.

Enfin, risque politique : si on a accès plus facilement, plus vite à un certain groupe de presse, on aura tendance à s'informer auprès de celui ci, et à ne pas avoir un accès à toute l'information. La neutralité du net est un obstacle à la manipulation de l'information. Déjà que Facebook ou Google, sources d'"information" très utilisés aujourd'hui, sont régulièrement accusés d'enfermer les utilisateurs dans un certain type d'informations à des fins financières ou politiques, imaginez le résultat si le réseau lui-même favorise certains contenus.

  1. ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) : la généralisation de l'accès à Internet s'est construite sur l'idée que les utilisateurs étaient des terminaux qui étaient là pour recevoir de l'info diffusée par des émetteurs spécialisé (comme la télé) ; mais l'idée d'Internet c'est que chacun est émetteur justement. Sauf que pour émettre de la vidéo par exemple ou recevoir beaucoup de connexion, il faut beaucoup de bande passante et que l'ADSL donnait suffisemment de bande pour recevoir mais pas pour émettre (donc Youtube). Ça change avec la Fibre, on a vraiment les moyens d'émettre depuis chez soi.

  2. DNS menteur : chaque machine reliée à internet possède un numéro (adresse IP), mais pour le web on utilise des noms de domaine plus facile à manipuler (comme picasoft.net ou grafhit.net), les DNS sont des ordinateurs chargés de traduire les noms de domaine en adresse IP. Le choix d'un DNS n'est pas neutre car le DNS peut mentir (diriger sur une mauvaise machine) ou collecter des données (savoir qui veut communiquer avec qui). Si on utilise un navigateur Google, un moteur de recherche G, un DSN G... donc, varions les plaisirs : navigateur Firefox, moteur de recherche Qwant, DNS FDN (80.67.169.12 : + comment faire) !

  3. IPv4 vs IPv6 : Problème : Avec le système historique d'attribution des adresse (IPv4) il n'y a plus assez d'IP, donc il devient difficile pour chaque machine de se connecter à Internet. Avec IPv6, chaque machine peut avoir une IP, on peut facilement héberger ce que l'on veut où l'on veut (surtout avec la fibre). Problème : très peu de FAI mettent en place IPv6 malgré que le protocole ai été proposé en 1998 et devenu un standard en 2017. Les gros FAI et hébergeurs ont tout intérêt à rester en IPv4, car c'est eux qui contrôlent leur distribution et peuvent les vendre très cher.

Le quiz

Parmi les risques suivants, lequel n'est pas concerné par l'affaiblissement ou la disparition de la neutralité du net ?

  1. Les fournisseurs d'accès pourront favoriser les utilisateurs (en fonction du prix de leur abonnement par exemple) et ainsi décider de qui peut ou non facilement publier sur internet.

  2. Les fournisseurs d'accès pourront choisir qui ils avantagent en favorisant le débit de certains sites (par exemple les multinationales qui les paieront, comme Facebook) au détriment d'autres (des associations comme Wikipédia)

  3. Les fournisseurs d'accès pourront ralentir ou rendre inaccessibles certains sites et ainsi pratiquer une forme de censure de l'accès à l'information.

  4. Les fournisseurs pourront développer des synergies dans le cloud virtualisé et la blockchain grâce au deep learning pour faire émerger l'internet 3.0 innovant en 5G piloté par des IA dématérialisées sur des ordinateurs quantiques.

https://school.picasoft.net/fds/confint/co/qcu4-neutralite.html

La musique

Belle par Total Rektal (Besoin de rien, envie de rien)

https://culture.picasoft.net/music/total-rektal/besoin-de-rien-envie-de-rien

Licence LAL

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 31 octobre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Mobilizon, une alternative décentralisée aux événements et groupes Facebook

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Pouhiou, Framasoft

  • Bonjour Pouhiou, tu veux te présenter en deux mots ?

  • « Un nouveau Framachin pour sortir nos événements de Facebook », bon, on a toujours pas gagné alors ?

  • Concrètement, ça fait quoi Mobilizon, ça sert à quoi, qui va l'utiliser ?

  • Question difficile, Mobilizon est une solution décentralisée et fédérée. On parle souvent de fédération ici, mais je ne suis pas sûr qu'on arrive bien à l'expliquer, tu essayes à ton tour ?

  • C'est actuellement en bêta, on peut espérer s'en servir pour de vrai quand ?

  • Vous avez encore besoin d'argent pour les développements, ou bien ça roule de ce côté là ?

L'échange

  • Pourquoi est-ce un problème d'utiliser un outil comme Facebook pour organiser ses événements ?

    « On ne changera pas le monde depuis Facebook »

  • On pourra utiliser Mobilizon pour son club de sport ou ses associations festives, mais parmi les utilisateurs potentiels de Mobilizon, il y a les militants, les mouvements sociaux. Est-ce que le cas particulier du militantisme se pose ?

    « Nous sommes nombreuses et nombreux à en avoir marre que Facebook soit l'outil qui enferme les événements rythmant nos vies ! »

  • Si le service est décentralisé, ça veut dire que chacun va pouvoir installer son propre serveur, mais du coup, il faudra se créer un compte sur chaque serveur ?

    « Bien entendu, tout le monde ne va pas aller l'installer sur un serveur informatique, et monter son propre Mobilizon. Mais il est essentiel qu'une communauté, un syndicat, une ONG, un mouvement, une fédération... que n'importe quel collectif puisse s'émanciper librement des plateformes avides de données. »

  • Est-ce qu'on pourrait en faire quelque chose ici à l'UTC ?

    « Car un outil convivial est un outil qui nous laisse le pouvoir, qui nous rend le contrôle. C'est un outil qui laisse chaque groupe s'organiser comme il le souhaite. »

Le quiz

Quelles sont les services rendus par Mobilizon :

  • Une alternative aux événements Facebook (organiser une événement)

  • Une alternative aux groupes Facebook (échanger des informations)

  • Une messagerie interne (envoyer des messages comme par mail)

  • La possibilité pour les instances de se fédérer (c'est à dire de parler un même langage pour d'échanger les messages de ses utilisateurs)

  • La possibilité de modérer ses instances (c'est à dire de signaler ou supprimer des messages illégaux ou contraires aux CGU de l'instance)

  • Se faire servir des cafés à distance

La musique

Pulse par Le Chaudron Magique (album Fresh Potion)

https://play.dogmazic.net

Licence CC BY-NC-SA

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 28 octobre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Pourquoi pas Linux ?

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Yves Saboret, membre du Collectif Emmabuntüs

  • Quel est le rapport entre les communautés Emmaüs et Linux ?

  • En quoi Linux est-il différent des autres systèmes d'exploitation par exemple par rapport à MacOS et à Windows ? Ça veut dire quoi qu'il est libre ?

  • Tu peux nous préciser ce qu'est une distribution Linux ?

  • Si tu devais donner quelques bonnes raisons d'en essayer un, quelles seraient-elle ?

L'échange

  • Commençons par un peu d'histoire

  • Linux est quasiment omniprésent, pourtant on en entend pas beaucoup parler, où est-ce-qu'on retrouve Linux ?

  • Si pu de particuliers utilisent Linux est-ce que ça ne serait pas parce que c'est un gros truc d'informaticien ?

  • Pourquoi est-ce que en tant que particulier je me mettrais à utiliser Linux ? Windows ça marche bien, non ?

  • Linux c'est le paradis ? C'est pas un peu trop beau ? Y'a aucun inconvénient ?

  • Je suis convaincu et que je veux essayer Linux, comment je fais ? C'est dur d'installer Linux ?

Les notes

Commençons par un peu d'histoire

Avis à tous les puristes : on fait volontairement des raccourcis et quelques abus de langage pour ne pas surcharger l'émission. Quand on parlera d'OS Linux, on voudra dire GNU/Linux, et on évoquera pas la famille d'OS BSD.

Linux, c'est une épopée qui commence il y a cinquante ans, en 1969, quand Ken Thompson, un programmeur des laboratoires Bell, décide d'écrire un nouveau système d'exploitation. Avec l'appui de quelques collègues, Unix finit par voir le jour. Il a été construit en suivant la philosophie du less-is-more, c'est-à-dire avec l'idée que la simplicité est préférable à la complexité, et qu'il est possible de construire un système d'exploitation puissance, élégant et facile à utiliser sans être complexe et difficile à faire évoluer.

Les sources d'Unix étant publiques, les universités et entreprises développent des outils pour améliorer le système, par ailleurs capable de tourner sur des ordinateurs peu puissants. Les dérivés, libres ou propriétaires, sont très nombreux et un gigantesque écosystème se crée durant une vingtaine d'années.

Mais quel rapport avec Linux ?

Et bien, en 1991, un étudiant finlandais, Linux Torvalds, décide de développer un nouveau système d'exploitation, agacé par des histoires de licences sur le système Unix qui équipait son université. Le code source de Linux n'est pas du tout basé sur ceux des OS Unix de l'époque, mais en revanche les principes fondateurs et la philosophie Unix est au cœur de la création de Linux, ce qui en fait une sorte d'héritier de cœur. Bon, l'histoire de Linux mériterait une émission entière, mais on va s'arrêter là. La mayonnaise prend, de plus en plus de personnes aident au développement du projet et aujourd'hui Linux est quasiment omniprésent... sauf sur les ordinateurs personnels.

Quasiment omniprésent ? Pourtant on en entend pas beaucoup parler, où est-ce-qu'on retrouve Linux ?

Et bien un peu partout :

  • Plus de 95% des serveurs tournent sous Linux, et y compris chez les entreprises concurrentes on en trouve beaucoup

  • La plupart des smartphones tournent sous Android, qui est basé sur Linux

  • Au niveau des objets connectés : voitures, serveurs médias, box internet, instruments du musique...

  • Dans l'espace, pour équiper les robots lors des missions sur Mars (NASA) ou dans les fusées de SpaceX par exemple

  • Chez beaucoup de services publics : dans des gouvernements de nombreux pays, la gendarmerie en France, les services de renseignements... (forcément, Windows étant connu pour espionner et exfiltrer de nombreuses données, preuves tangibles et scandales avérés à l'appui, on comprend bien pourquoi)

Et pourtant, moins de 3%, grand maximum, des ordinateurs personnels tournent sous Linux !

Tu nous vends Linux depuis tout à l'heure, et aucun particulier ne l'utilise ? C'est pour une bonne raison, non ? Ça serait pas un gros truc d'informaticien ?

Eh bien pas du tout, et il y a quelques raisons à cela qui font que Linux est peu connu du grand public.

Déjà, est-ce-que vous avez déjà entendu parler de Linux ? Et si oui, sans doute pour une minorité d'entre vous, est-ce-qu'on vous a seulement donné le choix ? La réponse est très probablement non. De nos jours - et Stéphane n'est pas là aujourd'hui pour nous rappeler que ça a bien changé depuis sa prime jeunesse - quand on achète un ordinateur, Windows est pré-installé dessus. Et le pire, c'est qu'on paye la licence en même temps que l'ordinateur, même si on n'en veut pas!

Ensuite, au niveau éducatif, rien qu'en France, Microsoft a déboursé des dizaines de millions d'euros pour s'imposer dans les écoles publiques et "accélérer la numérisation de l'école". Ainsi, les enfants sont habitués à n'utiliser que des produits venant de chez Microsoft, et retrouvent ces mêmes produits plus tard sur les ordinateurs qu'ils achètent... Bien entendu, ça fonctionne comme pour un dealer : la première dose est gratuite, et pour la suite, il faudra payer.

Bon, ok, mais pourquoi est-ce-qu'en tant que particulier je me mettrais à utiliser Linux ? Au pire, Windows ça marche bien, non ?

Eh bien là encore il y a tout un tas de bonnes raisons, même si le logiciel libre vous en touche une sans faire bouger l'autre.

Déjà, c'est gratuit, et quand on sait qu'une licence Windows s'obtient pour au minimum 145€, c'est une économie non négligeable.

Ensuite, une des grandes forces de Linux c'est la diversité. Par diversité on entend vraiment qu'il y en a pour tous les goûts, tous les usages et toutes les configurations. Il existe des centaines de distribution et presque autant d'interfaces graphiques. Si vous avez un PC super puissant, vous pouvez installer une distribution Linux gourmande en ressource et capable de faire tourner des jeux, d'afficher des super effets visuels, etc. Au contraire, Linux peut sauver des vieilles bécanes incapables de faire tourner un système Windows, et leur donner une seconde vie. Ça rejoint complètement le projet Emmabuntüs, ça évite le gâchis et ça prolonge la durée de vie de nos PC. Et même si on a un PC puissant, on peut quand même faire le choix du minimalisme ! L'utilisateur est vraiment en contrôle.

Mais est-ce-que ça veut dire qu'il faut s'embêter à tout paramétrer, tout contrôler, tout choisir ? Pas du tout, il y a des tas de distribution grand public "clé en main", où on retrouve très vite les mêmes réflexes que sur d'autres systèmes d'exploitation. La plus connue de ces distributions est Ubuntu, mais il y en a plein d'autres.

Un autre avantage énorme, c'est celui de la liberté ! Utiliser un logiciel libre, c'est comme savoir ce qu'il y a dans votre assiette. Vous êtes sûr de ce qui tourne sur votre ordinateur. Ça veut dire, en particulier, pas d'espionnage. Je me permets de rappeler, mais Microsoft récupère énormément d'informations sur votre ordinateur, les applications que vous utilisez, certaines frappes au clavier, ce que vous dites à l'assistant personnel et qui est parfois écouté par de vraies personnes payées par Microsoft, l'historique de navigation... Bref, un véritable mouchard. Sur Linux, rien de tout ça, aucune donnée n'est envoyée par défaut, sauf si vous y consentez pour certaines distributions, et sauf si vous installez des logiciels peu respectueux de la vie privée, évidemment.

Et puis contrairement à un Windows ou à un MacOS, vous n'êtes plus soumis au bon vouloir des entreprises. Une fonctionnalité vous déplaît ? Vous pouvez la désactiver facilement. Vous n'aimez pas le chemin que prend votre distribution ? Il est facile d'en changer. Quelque chose manque ? N'importe qui peut contribuer au code pour la rajouter. Le projet s'arrête ? N'importe qui peut le reprendre. Bref, on va pas refaire tout le laïus sur le libre, mais vous voyez l'idée.

Donc là, t'es en train de nous dire que Linux c'est le paradis ? C'est pas un peu trop beau ? Y'a aucun inconvénient ?

Bien évidemment, tout n'est pas parfait, ce serait trop beau sinon! Mais je vais en profiter pour taper encore un peu plus sur les géants du numérique, parce qu'on entend trop souvent que les logiciels libres c'est de la merde, que ça marche pas, qu'il vaut mieux faire confiance à des entreprises qui savent ce qu'elles font, etc. Et bien c'est l'heure de mon coup de gueule, parce que ce sont ces mêmes entreprises qui empêchent, souvent par flemme et peut être par idéologie, certaines choses de fonctionner sur les distributions Linux!

Bon, ces dernières années ça va de mieux en mieux, surtout avec les distributions grand public, mais il peut arriver que certains périphériques de votre ordinateur ne fonctionnent pas du premier coup en installant Linux : le pad, la carte Wi-Fi, certaines touches spéciales du clavier... et c'est pas parce que Linux est mal codé, c'est parce que les fabricants ne prennent même pas la peine de considérer Linux. Pour faire très simple, c'est souvent un problème de driver. Un driver, c'est comme un mode d'emploi qui explique au système d'exploitation comment utiliser le matériel, par exemple le clavier ou la souris. Et en somme un driver c'est un bout de code. Et bien sans surprise, la plupart des constructeurs de matériel créent des drivers pour Windows, sans publier le code, de manière à ce que le périphérique fonctionne sans rien faire sous Windows! Et sous Linux, c'est une autre affaire ; souvent, des bénévoles doivent comprendre comment fonctionne le matériel, comme en étudiant une boite noire, et essayer d'écrire du code pour le faire fonctionner. Et comme les fabricants négligent très souvent les standards qu'ils sont censés respecter, et se gardent bien de le préciser... pas étonnant que certains périphériques ne fonctionnent pas sous Linux. Mais bon, ça tend à être de moins en moins vrai, et je m'égare. C'était juste pour répondre à cette critique qu'on entend parfois. C'est le même problème avec certains logiciels, très souvent commerciaux et propriétaires, qui n'existent que sous Windows et sont impossibles à porter sous Linux, puisque le code est fermé...

Bon, et si je suis convaincu et que je veux essayer Linux, comment je fais ? C'est dur d'installer Linux ? Je risque de perdre mes données ? Je vais retrouver mes logiciels ?

La première, et sans doute la plus simple, c'est d'installer Linux dans ce qu'on appelle une machine virtuelle, c'est à dire que vous allez faire tourner Linux dans votre système d'exploitation actuel comme s'il s'agissait d'un logiciel comme les autres. Alors c'est forcément plus lent, mais ça se fait très vite et sans apporter de modification à votre ordinateur.

La deuxième, c'est d'installer Linux en "dual-boot", c'est-à-dire à côté de Windows. Ça peut être utile si vous avez besoin, de temps en temps, de logiciels qui n'existent que sous Windows mais que vous voulez utiliser Linux dans la vie de tous les jours. Les deux systèmes cohabitent sur votre ordinateur, et vous pouvez démarrer sur l'un comme sur l'autre.

Enfin, la solution la plus radicale c'est de tout remplacer par Linux.

Alors, comment on fait ? Impossible de faire un tutoriel à la radio, mais sachez que plein d'associations, comme Picasoft, organisent régulièrement des install parties, c'est-à-dire des ateliers où un utilisateur aguerri vous aide à installer Linux et à le paramétrer selon vos envies ! C'est sans doute le plus simple, et un bon point de départ c'est de vous rendre sur le site agendadulibre.org et de regarder si des associations proposent cela près de chez vous.

Sinon, il y a énormément de tutoriels sur Internet, et on mettra quelques liens sur le site de l'émission (radio.picasoft.net). N'hésitez pas à nous envoyer un petit message à picasoft@assos.utc.fr pour plus de précisions !

Le quiz

Linux est un système d'exploitation :

  • pour les experts en informatique, c'est très compliqué

  • pour les universités et les écoles, c'est un système spécifique pour les pros et l'apprentissage

  • pour n'importe quel utilisateur, on peut tout faire avec Linux et en plus c'est libre et gratuit

  • pour ceux qui ne veulent pas payer un système Windows ou Mac, c'est trop cher

La musique

Le Spleen par Ehma (album La rupture, 2019)

https://ehma.be

Licence Art Libre.

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 22 octobre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

L'anonymat sur Internet avec Tor "The Onion Router"

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Ludovic Hirlimann, ingénieur système chez Mozilla

  • Le nom de "Tor" est souvent associé à d'autres termes, comme "Dark Web" ou "Deep Web", il y a beaucoup de confusions à ce sujet, est-ce-que tu pourrais nous expliquer ce qu'est Tor concrètement ?

  • Aujourd'hui, qui utilise Tor et pour quels usages ?

L'échange

  • Qu'est ce que le chiffrement (avec Alice, Bob et Charlie) ?

  • Comment Tor exploite-t-il le chiffrement asymétrique pour empêcher Charlie de savoir qu'Alice communique avec Bob ?

  • Est-ce-que Tor suffit à protéger le contenu de ses communications ?

  • Comment utiliser Tor en pratique ?

  • Donc Tor, ce n'est pas un réseau à part ?

  • Est-ce que Tor c'est mieux que la navigation privée ?

  • Est-ce que c'est mieux qu'un VPN ?

  • Est-ce qu'il y a des inconvénients ?

  • Est-ce que c'est 100% sûr ?

Le quiz

Être anonyme sur Internet ça veut dire que l'on peut envoyer des message sans révéler qui on est (c'est à dire sans révéler quelle est notre adresse IP). Pour être complètement anonyme il faut :

  1. Utiliser la navigation privée

  2. Utiliser un VPN

  3. Utiliser HTTPS

  4. Utiliser Tor

La musique

Grève Angélique par KPTN

https://play.dogmazic.net

Licence CC BY-SA

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 14 octobre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

La Ğ1 et la toile de confiance

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Nicole et Jérémy, utilisateurs de la monnaie libre Ğ1, ont été interviewés par Rémi lors d'un Apéro Monnaie Libre à Paris en juin 2019.

L'échange

  • La Ğ1, une monnaie libre.

  • Comment on obtient de la Ğ1, il en faut bien pour acheter des trucs ?

  • Mais on peut aussi avoir des Ğ1 en touchant le Dividende Universel (DU). C'est quoi le DU ?

  • Problématique du double DU : donc comment identifier les personnes qui touchent le DU ?

  • Principes de la toile de confiance.

Le quiz

On a vu que pour devenir utilisateur de la Ğ1, il suffit de se créer un compte portefeuille et que tout le monde peut le faire en quelques minutes. En revanche, pour devenir membre et toucher le DU :

  1. Il me suffit de créer un compte avec mon adresse mail (comme pour être utilisateur)

  2. Je dois ouvrir un compte membre, puis y associer mon numéro de carte d'identité

  3. Je dois ouvrir un compte membre, puis rencontrer des membres et faire certifier ce compte par 5 personnes

  4. Je dois ouvrir un compte membre, puis l'activer en payant une somme de 10€

La musique

Fade Away part II par Le Lab, sur le label Marée BASS Productions

https://www.mareebass.fr/lelab

Licence CC BY-SA

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 7 octobre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

La monnaie libre arrive à Compiègne

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Squeeek nous fait un petit résumé de son passage à l'UTC en mars 2019, lorsqu'il était venu nous présenter la monnaie libre.

L'échange

  • La Ğ1 est une monnaie électronique

  • On fait des échanges lors de rencontres ou via une place de marché en ligne (Gchange)

  • La Ğ1 est gérée via une blockchain

  • Quel est le rapport entre la Ğ1 et la monnaie libre

Le quiz

Qu'est ce qu'une crypto-monnaie ?

  1. Une monnaie locale

  2. Une monnaie obscure destinée à faire des choses illégales

  3. Une monnaie basée sur des algorithmes complexes qui consomment beaucoup d'énergie

  4. Une monnaie électronique décentralisée

La musique

Return null par Daniel Botista (album Cocktail Eleven)

https://play.dogmazic.net/#song.php?action=show_song&song_id=50843

Licence CC BY-SA

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 30 septembre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Introduction à la monnaie libre

Graf'hit 94.9FM

Introduction : Pourquoi le concept de monnaie libre ?

Ça n'aura sans doute pas échappé à certains d'entre vous, mais le système monétaire et financier actuel, en plus d'être extrêmement complexe et sans doute impossible à saisir dans sa globalité, est générateur de méfiance - certaines mauvaises langues parlent même d'inégalités. On observe bien que la répartition de la monnaie est très déséquilibrée, et que l'écart entre très riches et très pauvres est gigantesque. Répondre exhaustivement à cette question est évidemment impossible, mais on peut tout de même se focaliser sur un point en particulier : comment fonctionne la création monétaire actuelle ? D'où vient l'argent qui circule ? Et bien, aujourd'hui, moins de 10% de la monnaie en circulation est sous forme de billets et de pièces, qui sont émis par les banques centrales, et plus de 90% est dite scripturale, c'est-à-dire la somme qui est inscrite sur votre compte en banque, ou sur le compte en banque de l'état français. Mais si cette somme ne correspond pas du tout à une réserve d'or ou à une montagne de billets dans le monde réel, d'où vient-elle ? Et bien elle est créée, comme l'essentiel de la monnaie aujourd'hui, par la dette. C'est pour cela que par la suite, on parlera de l'Euro ou du Dollar comme des "monnaie-dette".

Mais qu'est ce que ça veut dire concrètement ? En gros, les banques commerciales ont l'autorisation de "créer" de l'argent, ou pour dire autrement, de prêter de l'argent qu'elles n'ont pas. Lorsqu'une banque prête de l'argent à un état, elle ouvre le robinet, la baignoire se remplit. Au fur et à mesure que l'état rembourse cet argent, la baignoire se vide petit à petit, jusqu'à l'être complètement : on revient à l'équilibre. Or, on oublie ici que les banques demandent des intérêts sur cet argent. C'est le paradoxe des intérêts manquants ; il faudra alors qu'un autre crédit soit contracté afin de pouvoir rembourser les intérêts du premier, etc. En France, chaque année, on rembourse seulement une partie des intérêts de la dette publique ; ils s'élevaient à 46 milliards d'euros en 2013 tandis que la dette elle-même avait dépassé les 2.000 milliards ; elle ne sera bien évidemment jamais remboursée. Dans ce cadre, où il faut sans cesse contracter de nouveaux crédits pour rembourser les intérêts de l'ancien, il n'est pas étonnant que l'appel à la croissance continue, et l'on sait aujourd'hui que cela pose de nombreux problèmes, par exemple au niveau du développement durable... mais je m'égare, revenons à nos moutons.

La morale de cette petite histoire, c'est que la création monétaire est bien moins "sérieuse" qu'on ne pourrait le croire, et que les banques ont légalement le droit de faire à peu près tout et n'importe quoi, sans que les citoyens ne puissent intervenir ou donner leur avis. En ce sens, nous sommes dépossédés de notre monnaie, et n'avons que de très faibles axes de manoeuvre.

Suite à ce constat, certaines personnes ont proposé de considérer la monnaie comme un Commun, au même titre que les logiciels libres dont on parle souvent dans cette émission. Pour rappel, un commun est une ressource partagée, gérée, et maintenue collectivement par une communauté ; celle-ci établit des règles dans le but de préserver et pérenniser cette ressource tout en fournissant la possibilité le droit de l'utiliser par tous. Il faudrait donc que la création monétaire soit l'affaire de tous ?

C'est ce que propose Stéphane Laborde dans sa Théorie Relative de la Monnaie, dont on aura l'occasion de reparler dans la suite de l'émission. En simplifiant à l'extrême, cette théorie propose une solution mathématique aux inégalités induite par la création monétaire actuelle, en garantissant en particulier :

Qu'aucun individu n'est privilégié par rapport à un autre, face à la création monétaire, à un instant t

Qu'aucun individu n'est privilégié par rapport à un autre parce qu'il est arrivé "plus tôt" dans la monnaie

Que chaque individu participe directement à la création monétaire ; en d'autres termes, chaque individu co-créée la monnaie

Ainsi, la création monétaire devient une affaire de citoyens et non de grandes structures ; elle est décentralisée et respecte les principes d'équité. Une telle monnaie est appelée monnaie libre - on y vient enfin - et c'est bien de monnaie libre dont on va discuter dans le reste de l'émission.

L'interview

Adrien, LeBrice et Nicole et Jérémy, utilisateurs de la monnaie libre Ğ1, ont été interviewés par Rémi lors d'un Apéro Monnaie Libre à Paris en juin 2019.

L'échange

  • Qu'est ce qu'une monnaie libre ? Qu'est ce que la Ğ1 ?

  • C'est bien gentil, mais qu'est ce qu'on peut acheter avec ce truc ?

  • Pourquoi ne pas utiliser le Bitcoin ? J'ai entendu dire que c'était une monnaie décentralisée, sécurisée, qu'on pouvait la "miner" soi-même...

  • Et concrètement, si j'ai envie de faire partie de la G1, comment je fais ?

Le quiz

Si j'utilise une monnaie libre comme la G1, alors :

  1. Je ne suis pas désavantagé par rapport à une personne qui utilise la monnaie depuis plusieurs années

  2. Le Dividende Universel me permet de me procurer le "minimum vital"

  3. Mes transactions sont plus sécurisées

  4. Personne ne peut décider de changer arbitrairement la quantité de monnaie en circulation

Indice : Il y a deux bonnes réponses...

La musique

One Gets The Money par Guarapita (groupe auto-produit)

https://play.dogmazic.net/#song.php?action=show_song&song_id=1961

Licence CC BY-SA

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 16 septembre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Culture libre

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Yann Kervran, auteur et éditeur chez Framabook

  • Yann, tu es auteur et éditeur chez Framabook, un éditeur associatif de livres sous licence libre. Ça veut dire quoi un livre sous licence libre ?

  • Le travail des éditeurs est bénévole, et ensuite les livres sous licence libre peuvent être librement copiés et redistribués par tout à chacun, quelle est la motivation des éditeurs bénévoles ? Des auteurs ?

  • Est-ce que tu peux nous décrire en quelques mots le processus d'édition chez Framabook. Une fois qu'un manuscrit est accepté par le comité éditorial, un éditeur travaille avec l'auteur ? C'est quoi son travail ? Cela représente un gros boulot ou c'est juste corriger les fautes d'orthographe ?

  • Chez Framabook, on trouve des livres sur le libre (par exemple "Richard Stallman et la révolution du logiciel libre" ou "Un monde sans copyright et sans monopole", évidemment, des livres d'informatique (sur Libreoffice par exemple, la suite bureautique libre alternative à celle de Microsoft), mais on trouve aussi des BD (Grisebouille permet de rigoler tout en consolidant sa culture numérique)... mais il parait qu'on trouve aussi des romans, et même des romans historiques ?

L'échange

  • Pourquoi la culture libre est-elle importante ?

  • Quels sont les principes d'une d'une licence de culture libre ? L'exemple de la Licence Art Libre et de la Copyheart.

  • On explore quelques exemples : un film des Yes Men, les peintures de Gween Seemel, les livres audio de Sualtam, les BD de David Revoy, un documentaire de Datagueule, la musique de Dogmazic...

Le quiz

Vous venez d'enregistrer le premier morceau de votre groupe de musique, et vous avez très envie qu'un maximum de personnes le découvre. Vous avez entendu parler de culture libre, et le concept vous a semblé correspondre à ce que vous cherchez à faire.

Pour faire de votre œuvre une œuvre de culture libre vous devez :

  1. Demander l'autorisation à un éditeur de musique libre d'accepter votre morceau

  2. Publier votre musique sur des réseaux sociaux en demandant aux utilisateurs de vous demander l'autorisation pour réutiliser votre musique

  3. Publier sur le web votre morceau en y ajoutant une mention comprenant votre nom d'auteur, la licence libre que vous voulez utiliser et un lien vers la licence

La musique

Mint Tea par Azthma (extrait de l'album Via Domitia)

https://play.dogmazic.net

Licence CC BY-NC-ND

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

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Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 9 septembre 2019 dans les locaux de Graf'hit.

L'éducation populaire et le libre

Graf'hit 94.9FM

« Ce serait peut-être l'une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d'autre que du code ». Cette phrase, est issue du documentaire "The Code", et est aussi la devise de l'association d'éducation populaire Framasoft, dont on va reparler dans un instant. Cette phrase sonne comme une invitation. Une invitation à nous pencher sur le pouvoir émancipateur du logiciel libre, et sur le défi qui nous est posé à nous, acteurs et actrices du libre, de partager avec le plus grand nombre la capacité à être autonome dans notre environnement numérique. Ce défi d'émancipation, c'est un enjeu d'éducation populaire au numérique libre et ouvert.

L'interview

Pascal Gascoin, chargé de la mission « Libre, Éducation Nouvelle » des Ceméa (Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Education Active)

  • Pascal, tu nous parles actuellement depuis le Ceméa de l'île de la Réunion, est-ce que tu peux nous présenter en quelques mots la mission des Ceméa en métropole et en outre-mer, et nous parler des actions d'éducation populaire que tu mets en place ?

  • Tu portes une mission nationale qui s'appelle « Libre, Éducation Nouvelle ». Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui t'a donné envie de créer cette mission ?

  • Ce mercredi 5 juin, tu as participé au lancement de la plate-forme Bertel Numérique, qui regroupe des outils libres au service des associations. C'est l'aboutissement d'un travail que tu mènes depuis plusieurs années, est-ce que tu veux bien nous raconter cette épopée ?

L'échange

  • « Le principe de l'éducation populaire, c'est de promouvoir, en dehors du système d'enseignement traditionnel, une éducation visant la transformation et le progrès social ».

    Une présentation de ce qu'est l'éducation populaire à travers quelques exemples.

  • L'éducation populaire à Picasoft : participations des rencontres, à la fête de la Science, conférences en lycée, ateliers et formations...

  • Pourquoi est-ce qu'on parle de logiciel libre (versus propriétaire) et d'éducation populaire ? Pourquoi c'est important pour les citoyen de se rapproprier ce débat ? Ça a à voir avec les données personnelles ?

  • La question du logiciel libre, ce n'est pas qu'un problème d'informaticiens ? Ça n'est pas qu'une question de code ? On pense à l'UTC qu'une question technique a toujours à voir avec des questions humaines, sociétales, c'est le cas ici ?

Le quiz

Par opposition à la figure du "maître explicateur", qui transmet le savoir qu'il possède à ses élèves en maintenant une relation de domination intellectuelle, quel nouveau maître propose le professeur de français Joseph Jacotot au XIXe sicèle, afin d'instaurer une pédagogie plus émancipatrice ? (Indice : ceci est décrit dans un ouvrage du philosophe Jacques Rancière)

  • Le maître élève

  • Le maître ignorant

  • Le maître sympa

  • Le maître absent

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

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Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 7 juin 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Funkwhale, comment la décentralisation et la fédération permettent la création

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Eliot Berriot

  • D'où t'es venue l'idée de ce projet ? Pourquoi ne pas juste utiliser d'autres plates-formes existantes comme Deezer ou Spotify par exemple ?

  • Au début tu étais tout seul sur le projet, comment as-tu réussi à te motiver à faire tout ça, sur ton temps libre en plus ?

  • Aujourd'hui la communauté de contributeurs est devenue assez grande, il y a une soixantaine de développeurs, plus des designers, des traducteurs etc... Comment faire pour gérer tout ça ? Je crois que vous avez beaucoup discuté autour des aspects de gouvernance du projet...

  • Par rapport à la fédération, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ce protocole ActivityPub et ses usages ?

  • Faire des choses libres et gratuites c'est beau, mais il faut quand même payer un loyer à la fin du mois non ? Comment tu fais pour avoir des rentrés d'argent ? Plus généralement, comment on peut gagner sa vie en faisant des choses gratuites ?

L'échange

  • ActivityPub et des différents services

  • Qu'est-ce qu'un protocole ?

  • Une recommandation W3C

  • La fédération, en quoi ça s'articule avec le sujet de la décentralisation ?

  • Techniquement, ActivityPub fournit à chaque utilisateur une sorte de boîte de réception et de boîte d'envoi : chaque activité est envoyée dans les boîtes de réception des personnes qui nous suivent, et inversement.

  • ActivityPub est donc un protocole extrêmement général, puisqu'il fonctionne pour n'importe quelle publication de contenu : l'audio, avec Funkwhale, mais aussi le microblogging (e.g. Mastodon, Pleroma, GnuSocial...), les images (e.g. PixelFed), la vidéo (e.g. PeerTube), les fichiers (NextCloud), les blogs, (Plume, joinplu.me), les événements (Mobilizon)...

    Du moment qu'il y a publication de contenu, techniquement, ce protocole ouvert et interopérable permet donc de mettre en commun.

  • Notion de fediverse.

  • Souveraineté vis-à-vis du contenu que l'on a créé : l'accès au contenu, son intégrité, sa disponibilité etc dépendent des instances locales, libres et donc gérées de manière transparente, par opposition aux plates-formes qui concentrent ces pouvoirs et le font de manière opaque.

  • Problème de la dépendance des fournisseurs de contenu aux politiques de rémunération et de confidentialité des plates-formes (qui peuvent évoluer arbitrairement). Avec les médias décentralisés, on peut choisir l'instance sur laquelle on souhaite publier du contenu en fonction de ses CGU .

  • Enjeu du traitement effectué sur le contenu : on ne décide pas de ce qui est valorisé par les algorithmes des plates-formes centralisées. Sur des plates-formes décentralisées et libres, la transparence permet de savoir comment les contenus sont mis en avant, et la multitude des instances permet de choisir ce qui nous convient le mieux.

  • Et la censure ?

  • Pour l'utilisateur : passage d'un rôle confortable (et dépendant) de consommateur de contenu à un rôle plus libre (et responsable) de créateur de contenu ou de participant à sa diffusion (logique P2P)

  • La créativité est encouragée par :

    • ce changement de posture (donc de comportement) des utilisateurs, qui sont incités à participer davantage à la production et au partage de contenu culturel/artistique

    • de nouvelles pratiques, grâce aux communications entre services membres de Fediverse, rendues possibles par le protocole commun ActivityPub

  • A terme, les médias décentralisés pourraient changer la manière dont est valorisé le contenu culturel sur le web.

Le quiz

On parle beaucoup de vie privée et de protection des données dans cette émission. Mais on a aussi dit qu'avec ActivityPub, tout le monde pouvait se connecter avec d'autres personnes et suivre son activité.

Alors est-ce-que dans une fédération, est-ce-que :

  1. Tous les contenus sont publics dès lors qu'ils sont publiés

  2. Chaque instance choisit l'audience des contenus de ses membres

  3. Chaque membre choisit directement l'audience de son contenu

La musique

Le générique

Near death experience par Marker beacon (album Dead frequencies),

http://www.markerbeacon.org/?page_id=71

Licence CC BY-SA

Enregistrement

Émission enregistrée le 15 juin 2019 dans les locaux de Graf'hit.

La redécentralisation du web

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Hervé Le Crosnier, C&F Éditions

  • Peux-tu te présenter en quelques mots, ainsi que ta maison d'édition C&F Éditions, qui propose de nombreux essais sur la culture numérique, le fonctionnement d'Internet, la question des libertés informatiques, les communs...

    On peut citer : "L’appétit des géants" d'Olivier Ertzscheid, "Surveillance" de Tristan Nitot, ou "Cyberstructure" de Stéphane Bortzmeyer, des auteurs qu'on essaiera d'inviter dans la voix est libre.

  • On souhaiterait que tu nous parles un peu d'un ouvrage qui vient compléter l'histoire d'Internet telle qu'on la connaît : Aux sources de l'utopie numérique de Fred Turner, qui retrace notamment le parcours de Steward Brand. Peut-être pour commencer, tu peux nous présenter Fred Turner et nous rappeler qui est ce Steward Brand, ce n'est pas une figure très connue de l'histoire d'Internet, n'est-ce pas ?

  • La thèse de Fred Turner est que la naissance d'Internet est marquée par la contre-culture, la culture hippie et sa diffusion dans les universités américaines. On peut donc faire un parallèle entre le caractère décentralisé par construction d'Internet et le lieu et le temps dans lequel il naît, en 1969, c'est-à-dire un an après mai 68, sur la côte ouest des États Unis, c'est-à-dire un des hauts lieux de la culture hippie.

  • Les livres de C&F sont publiés sous une licence Édition Équitable : tu refuses les DRM et tu proposes que « Le lecteur/lectrice a le droit de faire circuler le document édité au sein de son cercle de proximité (y compris élargi à ses amis proches). Toutefois, cette liberté ne permet pas de rompre l'équilibre et l'équité en diffusant massivement ou à des inconnus ».

    Ça ne fait donc pas tout à fait des livres que tu publies des communs, un concept que tu connais bien. Une licence complètement libre, ça te semble trop risqué du point de vue d'une maison d'édition ?

L'échange

L'échange : Internet, une architecture décentralisée, des services web centralisés, les initiatives de redécentralisation

  • Vous saviez qu'Internet a été inventé par les militaires, mais connaissiez-vous le rôle joué par les hippies ?

  • On parle de redécentralisation du Web, mais aussi de redécentralisation d'Internet. Quelle est la différence entre Internet et le Web ?

  • Une description poétique d'Internet par Philippe Aigrain, un des fondateurs de La Quadrature du net en 2008 : « Au commencement était internet, un réseau de réseaux qui était bête, pour que chacun d'entre nous puisse décider ce qu'il veut en faire »

  • Le Web était tout à fait décentralisé à ses débuts, qu'est ce qui s'est passé alors ?

  • Et quel est le problème avec la centralisation ?

  • Que peut-on faire contre ce pouvoir centralisateur ?

Le quiz

Que signifie le sigle CHATONS ?

La musique

Enregistrement

Émission enregistrée le 3 juin 2019 dans les locaux de Graf'hit.

OpenStreetMap, s'approprier son territoire

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Cédric Frayssinet

  • Tu viens de donner une interview au journal en ligne Linuxfr (linuxfr.org) qui te présente comme un contributeur à OpenStreetMap : c'est quoi OpenStreetMap ? et, ça veut dire quoi que tu en es contributeur ?

  • OpenStreetMap c'est une sorte de Wikipédia de la cartographie, chacun peut y ajouter des précisions quant aux territoires qu'il parcourt ou qu'il connaît. Est-ce qu'on peut préciser cela par quelques exemples concrets ? Par exemple je peux ajouter mon restaurant préféré, l'adresse d'un super libraire, l'endroit où se trouvent les locaux de Graf'hit ? On peut mettre ce qu'on veut ? On a besoin de quoi pour le faire ?

  • Bon, tout ça c'est sympa, mais on a déjà Google Maps, alors ça apporte quoi de plus ?

  • Je crois que tu proposes des animations autour d'OpenStreetMap pour apprendre à le faire connaître, tu nous donnes quelques conseils qu'on pourrait suivre à Picasoft ?

L'échange

  • Est-ce qu'on peut refaire un point rapide sur ce à quoi sert OpenStreetMap pour les citoyens ? Trouver des endroits ? Des points of interest ? Des itinéraires ? Préparer des randonnées ? des trajets en voiture ?

  • Reparlons contribution, pour poursuivre un peu la présentation que nous a faite Cédric, comment chacun fait-il pour contribuer ? Il suffit de se créer un compte en ligne ? Il y a des applis sur smartphone ?

  • On en a déjà parlé mais c'est une question centrale, je voudrais qu'on revienne un peu sur Google Maps et OpenStreetMap. On a vu qu'il y avait plein de choses dans OpenStreetMap qu'il n'y avait pas dans Google Maps, mais tout de même, Google Maps, c'est gratuit, est-ce que ça ne veut pas dire que c'est libre ? À quoi ça sert d'avoir des données de cartographie libre ?

    • Gratuit ne signifie pas libre

    • Google Maps n'est pas gratuit

    • La question peut-être la plus importante, c'est celle de la sélection par les algorithmes de Google, des filtres de recherche sur Google Maps

    • ...

  • Il y a un écosystème autour de OpenStreetMap, qui se développe de plus en plus, comme pour les logiciels libres en général, on peut s'attendre à ce que ça devienne aussi voire plus performant que les approches propriétaires : uMap, Fieldpapers.org, Humanitarian OpenStreetMap Team, F4 Map, OpenLevelUp!, StreetComplete...

  • À propos des systèmes de guidage par GPS, il y a des solutions, n'est-ce-pas, comme OsmAnd ? on peut en citer, même si elles sont aujourd'hui globalement moins puissantes que Waze par exemple, ce sont tout de même des alternatives crédibles ?

Atelier OpenStreetMap

Le 15 juin 2019 à 14 heures, Salle Annexe 4, rue de la surveillance à Compiègne

Le quiz

Quelle est la distance de l'itinéraire à pied entre le théâtre impérial de Compiègne et l'Université de Technologie de Compiègne (centre Benjamin Franklin) ?

La musique

Dumaya par Hicham Chahidi

https://www.musicscreen.be

Enregistrement

Émission enregistrée le 24 mai 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Firefox, un navigateur web libre

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Fabien Cazenave aka Kazé

  • L'histoire de Firefox remonte au navigateur Netscape puis à la création de Mozilla Europe, au début des années 2000, je crois que tu étais de cette aventure avec des gens comme Tristan Nitot ou Daniel Glazman. C'était une poignée de gaulois qui voulaient résister à l'hégémonie du navigateur de Microsoft de l'époque, Internet Explorer ?

  • Ça a bien fonctionné, Firefox a atteint autour de 2010 environ un tiers de parts de marché, presque égalité avec IE, et puis sont arrivés Google et les Smartphones : Chrome est à deux tiers de parts de marché et Firefox est sous la barre des 10%. Est-ce que selon toi on est de nouveau dans une situation de quasi-hégémonie ? Est-ce que ça pose les mêmes problèmes ?

  • Pourquoi, alors que Mozilla défend le respect de la vie privée et propose une alternative à Google Chrome, on trouve Google comme moteur de recherche par défaut sur Firefox ? Je crois que c'est historique...

  • Quelles-sont tes extensions Firefox favorites ?

L'échange

  • Un navigateur web est un client HTTP et un moteur de rendu HTML. Qu'est ce que HTTP ? Qu'est-ce que HTML ?

  • Tous les navigateurs parlent les mêmes langages, grâce à un organisme de standardisation, le W3C. Comment les éditeurs font-ils pour se mettre d'accord ?

  • En quoi l'hégémonie de Google Chrome est-elle un problème ? Est-ce que c'est un logiciel libre ou pas ? La version libre Chromium et le moteur de rendu libre de Google, Blink, posent-ils également problème ?

  • Qu'est ce que ça change de taper directement une adresse web dans la barre du navigateur, comme picasoft.net ou mozilla.org ou de d'abord faire une recherche, en passant par un serveur de recherche donc, comme Google Search, Qwant ou Duckduckgo ?

Le quiz

Si je consulte une adresse qui utilise le protocole HTTPS (elle commence par https:// plutôt que http://) alors :

  • La communication est sécurisée : les informations échangées entre le navigateur et le site web consulté sont chiffrées.

  • La communication est privée : pour consulter le site web, il a été nécessaire de préalablement entrer un mot de passe.

  • La communication est publique : le S ne change rien, tout le monde peut toujours tout lire sur Internet.

  • La communication est libérée : les serveurs ne peuvent plus exploiter nos informations personnelles.

Les liens

Enregistrement

Émission enregistrée le 17 mai 2019 dans les locaux de Graf'hit.

Des services web alternatifs

Graf'hit 94.9FM

L'interview

Frédéric Urbain de Framasoft

  • Le numérique envahit notre société, on est tous conscients de ce ça aujourd'hui. J'ai entendu Framasoft dire qu'elle voulait être un globule rouge dans ce contexte, ça veut dire quoi pour toi être un globule rouge ?

  • Parmi toutes vos actions, il y a une trentaine de services web qui sont proposés gratuitement à tout le monde. Ils permettent de faire à peu près la même chose qu'avec les services de Google (par exemple), de l'édition de texte collaborative, de la cartographie, des discussions en ligne... Quels sont tes services préférés parmi ceux proposés par Framasoft ?

  • On réalise aujourd'hui que l'économie des géants du Web (Google, Facebook...) passe très largement par la captation de données, notamment à des fins publicitaires et que ça pose des problèmes de respect de la vie privée (entre autres). À Framasoft vous ne collectez pas de données, vous ne vendez pas de pub. Je crois que vous avez quelques milliers d'utilisateurs quand même, non ? Alors, vous faites comment pour financer vos services, avec de l'amour et de l'eau fraîche ?

  • On a intitulé notre émission "La voix est libre" (avec un x), tu penses qu'on devrait reverser des droits d'auteur à Framasoft ?

L'échange

  • Qu'est ce qu'un serveur ?

  • Pourquoi a-t-on besoin de services web alternatifs, après tout, on a déjà de tas de services gratuits en ligne : ceux de Google Search, Google Map, Google Docs, Doodle, Github, Messenger, Slack... Pourquoi ça ne suffit pas ?

  • Comment on pourrait définir un service libre ?

  • Quels sont les services hébergés par Picasoft ?

Le quiz

Parmi les mesures suivantes laquelle, promue par l'association Framasoft dans le cadre de sa campagne Degooglisons Internet, permet de lutter contre la centralisation du web ?

  1. Pirater les codes sources des applications des services privés comme Google Search, Skype ou Facebook pour les installer ses ses propres serveurs.

  2. Devenir une grande entreprise française capable de concurrencer Google, Amazon, Facebook, Microsoft et Apple réunis.

  3. Créer un réseau parallèle à Internet où tous les logiciels seraient nécessairement libres.

  4. Proposer des services Web alternatifs afin que chacun puisse avoir plusieurs choix.

La musique

Tracing My Steps par Aussens@iter

http://dig.ccmixter.org/files/tobias_weber/58253

Enregistrement

Émission enregistrée le 10 mai 2019 dans les locaux de Graf'hit.